#0525 – Boston – 1976 – Boston

On est en 1976, l’année où le rock aurait dû crever proprement dans son coin pour laisser la place aux punks ou aux mecs qui ont des couillles. Au lieu de ça, les ondes FM américaines nous ont chié cette gigantesque guitare volante peinte à l’aérographe : le premier album éponyme de Boston. Sorti chez Epic, le machin est devenu l’un des plus gros cartons commerciaux de l’histoire de la musique, s’écoulant à des dizaines de millions d’exemplaires, squattant chaque autoradio entre la côte Est et la Californie jusqu’à l’écœurement absolu. Mais le pire, c’est que les.nostalgiques des radios classic-rock s’astiquent le manche dessus depuis cinquante ans, et le consensus critique officiel vous dira qu’il s’agit d’un chef-d’œuvre fondateur de l’AOR, l’« adult-oriented rock » calibré pour les autoroutes américaines et les après-midis barbecue.

Soyons honnêtes, ce n’est absolument pas un mauvais album. Techniquement, c’est même une leçon, une insolente démonstration de savoir-faire. Mais putain, qu’est-ce qu’il est épuisant. Et pour comprendre le problème, il faut d’abord remettre les pendules à l’heure… Le cerveau derrière cette machinerie infernale, c’est Tom Scholz et le mec n’est pas un rocker habité par le blues ou le démon, non c’est un un ingénieur diplômé du MIT qui bossait le jour chez Polaroid et s’enfermait la nuit dans sa cave de Watertown avec ses oscilloscopes. Et alors que le label lui réclamait des bandes enregistrées dans un grand studio de Los Angeles, le mec a feinté tout le monde pour tout réenregistrer dans son sous-sol, seul face à ses circuits intégrés et ses multipistes bricolés.

Le problème ? Dès l’ouverture avec « More Than A Feeling », le mec crache toute sa formule en trois minutes. L’arpège acoustique puis la compression poussée jusqu’à faire saigner les tympans, et le chant stratosphérique de Brad Delp qui hurle dans les aigus avec une aisance inhumaine. Sur le premier titre, la claque passe encore mais les sept morceaux suivants ne sont qu’un vulgaire copier-coller de cette même recette mathématique.

Zéro surprise, zéro accident, zéro respiration.

Écouter ce disque d’une traite, c’est se faire rouler dessus par un bulldozer chromé. Scholz ne compose pas, il sature l’espace. Les guitares sont doublées, triplées, harmonisées à la tierce au millimètre près, sans le moindre souffle de poussière. Il n’y a pas un seul moment de silence, pas une seconde de répit. C’est une musique de laboratoire conçue pour plaire à tout le monde et qui finit par dégoûter comme une indigestion de guimauve industrielle.

C’est le triomphe absolu de la technique sur l’émotion, c’est l’antithèse de tout ce que j’écoute. Alors oui, la performance vocale de Delp est impressionnante et le travail de production reste une prouesse d’ingénieur. Mais pour le reste, bordel, qu’est-ce que c’est chiant.

Note : 2 sur 5

Note : ★★☆☆☆

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